Second tour de l’élection présidentielle : aucune voix pour le Front National !

Le Front National est présent au second tour de l’élection présidentielle. Nous avons précédemment écrit que ce parti et sa dirigeante (même dans sa position de mise en retrait) remettent en cause les valeurs de la République et de la démocratie. Au-delà de cette analyse globale citons quelques éléments précis, présents dans les 144 propositions de la candidate de ce parti :
Le collège n’est cité qu’une fois pour déclarer « la suppression progressive du collège unique et l’autorisation de l’apprentissage à partir de 14 ans ». 
Concernant l’enseignement secondaire, une citation « Rétablir une véritable égalité des chances en retrouvant la voie de la méritocratie républicaine. »
Sur le rapport public privé : « Garantir la liberté de scolariser ses enfants selon ses choix, tout en contrôlant plus strictement la compatibilité avec les valeurs de la République des enseignements dispensés dans les établissements privés hors-contrat ».
Aucun engagement sur quelque moyen que ce soit pour l’Education Nationale dans les propositions.
Hormis la nécessité de contrôle plus strict des établissements privés hors contrat, les trois propositions de la candidate FN sont à l’opposé de nos convictions.
Le collège unique est l’outil le plus adapté pour obtenir la réussite de tous les élèves, à la condition de lui donner les moyens humains, financiers, pédagogiques et organisationnels nécessaires à l’atteinte de ce but. Notre volonté de porter la scolarité obligatoire à 18 ans est bien évidemment en opposition avec l’apprentissage dès quatorze ans.
Notre objectif est la réussite de tous les élèves. L’« égalité des chances et la méritocratie républicaine » ne sont avancés que pour justifier l’échec de certains et l’abandon des objectifs inscrits dans la loi d’orientation de 2013, la « promesse républicaine de la réussite de tous les élèves » ainsi que « parvenir à davantage de justice dans la réussite scolaire ». Ce ne sera pas la mise en concurrence des élèves qui permettra l’avancée du plus grand nombre.
Pour permettre le mieux vivre au sein d’une société fraternelle, la finalité devrait être que tous les élèves de France se retrouvent au sein d’une même école. Nous voyons les distorsions actuelles entre public et privé dans la composition sociale des établissements, dans l’accueil des migrants en situation d’obligation scolaire. Faire société à l’école pour mieux préparer les jeunes d’aujourd’hui à mieux vivre leur citoyenneté d’adulte tel serait la finalité de cette école. En l’état actuel des orientations de la société française nous exigeons que les écoles privées sous contrat respectent effectivement, dans le cadre actuel des lois de la République, les réglementations qui leur sont appliquées et que ces établissements soient soumis aux mêmes obligations, que l’école publique.
Nous insistons sur la nécessité d’un engagement sur la programmation des moyens humains et financiers nécessaires au fonctionnement du Service Public de l’Éducation Nationale qui se fixe comme objectif la réussite de tous les élèves. Tel n’est pas le cas dans les propositions du FN.

Face au danger et aux valeurs nauséabondes portées par le Front National, le snU.pden-FSU appelle les personnels de direction à s’opposer au FN en portant leur vote sur l’autre candidat.

Ce n’est pas pour autant que le snU.pden-FSU adhère à l’ensemble du programme présenté pour l’École par le candidat d’En Marche.
Si nous pouvons nous reconnaître dans la finalité inscrite en tête de programme du candidat dans sa partie Éducation : « Pour une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun » de nombreuses propositions de mise en œuvre vont à l’encontre de nos convictions syndicales.
« Le collège et le lycée offriront des parcours beaucoup plus individualisés ». L’individualisation n’est pas pour le snU.pden-FSU la voie à privilégier pour permettre la réussite de tous en maintenant des objectifs élevés pour chacun. Les conditions doivent être créées pour permettre que chaque élève trouve sa place, progresse et réussisse au sein de parcours qui peuvent être différenciés mais doivent conserver un cadre commun. Sans cela, le risque de renforcement de l’effet de l’origine sociale serait renforcé, à l’opposé de la finalité annoncée.
« Développement de l’alternance et de l’apprentissage pour lutter contre le chômage ». Le chômage n’est pas provoqué par l’enseignement. Ce sont les conditions socio-économiques qui en sont les premières causes. Si l’alternance doit trouver sa place au sein des formations sous statut scolaire, la voie privilégiée de l’apprentissage ne peut être considérée comme la solution miracle, d’autant plus que le niveau de formation initiale sous statut scolaire des jeunes est réduit.
« Renforcer l’autonomie des établissements ». Le cadre commun doit prévaloir. Le cadre actuel d’exercice de l’autonomie nous semble largement suffisant pour développer les adaptations nécessaires en fonction des conditions locales à l’atteinte des objectifs fixés par la nation à son école. Aller au-delà pourrait entraîner la mise en concurrence des EPLE, comme cela s’était engagé sous le quinquennat Sarkozy.
« Chaque service accueillant du public (hôpital, école, tribunal, caisse d’allocations familiales...) devra afficher, trimestriellement au moins, ses résultats en termes de qualité de service sur la base d’indicateurs concrets (délai de traitement d’un dossier, qualité de l’accueil au guichet, taux de remplacement des enseignants à l’école...) ». Nous récusons cette politique développée dans le cadre du Nouveau Management Public, basé sur chiffres et indicateurs. Nous sommes favorables à une évaluation et à un accompagnement qui permettent l’amélioration des Services Publics, au bénéfice des usagers et des professionnels.
« Nous (En Marche) introduirons plus de souplesse dans la gestion des carrières avec des rémunérations plus individualisées ». Le snU.pden-FSU s’oppose à cette orientation vers l’individualisation des carrières et des rémunérations. Ceci nous conduira à la mise en concurrence des personnels et l’absence de transparence des opérations de gestion. Nous militons au contraire pour l’établissement de barèmes pour l’ensemble des opérations de gestion de notre corps, l’intégration des parts résultats de l’IFRR dans les parts fonction et responsabilité. L’individualisation des carrières et des rémunérations est à l’opposé de notre conception d’une fonction publique de carrière.

Pour ces motifs nous appelons les personnels de direction à ne donner aucune voix au Front National.

Nous aurons besoin, quel que soit le résultat de l’élection, de modifications profondes dans les solutions envisagées pour atteindre l’objectif de la réussite de tous nos élèves.

Le 1er mai constitue la première étape des mobilisations
qui devront se poursuivre après les élections.
Le snU.pden-FSU appelle à la participation aux manifestations syndicales
organisées avec la FSU le 1er mai.

Les horaires et lieux des manifestations sont indiquées sur les sites des FSU départementales.

Le Bureau national
Paris, le 26 avril 2017


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