Réforme du bac et de l’affectation post-bac : vers un accroissement des inégalités

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Deux projets de réforme sont lancés : baccalauréat et affectation post bac. Ces deux projets qui dessinent un projet global interrogent les fondements même de l’accès à l’enseignement supérieur. En effet aujourd’hui le baccalauréat constitue la clé qui donne accès à l’enseignement supérieur. Demain, il sera insuffisant, le système de sélection existant dans plusieurs filières de l’enseignement supérieur sera généralisé de fait à l’ensemble de l’Université.

Face à la crise liée aux manques de places pour les étudiants dans plusieurs licences qui a conduit 90 000 étudiants à ne pas être satisfaits dans leur premier vœu de formation, le gouvernement choisit de généraliser la sélection et non d’investir pour augmenter les capacités d’accueil. Les réformes du bac et de l’affectation à l’Université ont pour premier objectif de maintenir la politique d’austérité menée dans l’enseignement secondaire et supérieur.

Si l’accompagnement des lycéens dans l’élaboration de leur projet d’orientation doit être renforcé, notamment par l’accroissement du nombre de psychologues de l’Education Nationale, conseillers d’orientation, cette phase ne peut se confondre avec une affectation contrainte.
De même, si les dispositifs pédagogiques pour permettre une meilleure réussite des étudiants dans la filière de leur choix doivent être développés, ils ne doivent pas être remplacés par des soi-disant prérequis nécessaires qui interdisent de fait certaines licences à des bacheliers. Le baccalauréat, premier diplôme universitaire, doit permettre au bachelier l’accès à la licence de son choix.

Ces mêmes logiques doivent conduire à augmenter très significativement les capacités d’accueil en BTS et DUT afin de faciliter, notamment aux bacheliers de l’enseignement professionnel, des poursuites d’études supérieures.

Vers une suppression des séries ?

L’inquiétude provoquée par le renforcement de la sélection à l’entrée de l’Université est accentuée par l’annonce d’une réforme du Bac dans laquelle les séries seraient supprimées pour être remplacées par un système de majeurs/mineurs. Cela conduira à une plus grande individualisation des parcours, à ce que l’élève organise, dès la seconde, son parcours de formation en fonction d’un projet de formation post bac sélectif. La sélection de matières « utilitaires » sera accentuée, au détriment de l’acquisition, au lycée, d’une culture générale, polyvalente, nécessaire au citoyen et futur travailleur, dans un monde de plus en plus complexe.

Une certitude : sélection et individualisation des parcours sont contraires à la démocratisation des parcours scolaires et universitaires. Ce seront une fois de plus les élèves issus des milieux les moins favorisés qui en subiront les conséquences les plus négatives. Elles conduiront à une mise en concurrence renforcée, des personnes (élèves et enseignants), des matières, des établissements (lycées et universités) avec comme conséquence leur plus forte hiérarchisation.

Enfin, sur le plan pratique, une fois de plus les annonces ministérielles ne tiennent pas compte de la réalité calendaire de nos établissements. Deuxième professeur principal en terminale annoncé au mois de novembre, modalités d’affectation post-bac encore inconnues en fin de premier trimestre, réforme de la seconde à mettre en œuvre dès la rentrée 2018. Toutes ces incertitudes et annonces tardives nuisent, nous le savons tous aux élèves et familles les plus fragiles. Elles nuisent également à nos conditions de travail : comment préparer avec ces échéances, dans des conditions acceptables, la rentrée 2018 ?

Les mesures envisagées vont renforcer les inégalités sociales de l’accès aux formations supérieures, vont renforcer les mises en concurrence. Le snU.pden-FSU s’oppose à ces orientations. Nous souhaitons un bac qui permette à tout élève de se construire un projet d’orientation pertinent qu’il lui sera permis de réaliser, une formation qui donne à tout élève les outils de sa citoyenneté, les outils pour réussir la formation supérieure qu’il aura choisie. Cela nécessite des investissements importants au lycée et pour l’enseignement supérieur. L’avenir de notre jeunesse ne constitue pas un coût mais un investissement indispensable à l’émergence d’une société française plus ambitieuse, plus démocratique, plus égalitaire, plus juste.

Le Bureau national du snU.pden
Paris, le 15 novembre 2017


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