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2018 : année cruciale pour le devenir de notre système éducatif

vendredi 26 janvier 2018, par Garncarzyk

La mise en œuvre actuelle de la politique éducative du Ministre Blanquer nous rappelle, hélas, la stratégie développée par les gouvernements de Fillon : la volonté de transformer en profondeur notre système éducatif en passant par des réformes qui touchent les pièces du puzzle, sans annoncer la forme qui sera celle du montage complet. Cette stratégie est inacceptable.

Les réelles finalités politiques des réformes du lycée et de l’affectation à l’Université doivent être clairement exposées aux personnels, aux lycéens, à leurs familles et à l’ensemble des citoyens. Le Gouvernement exerce une double action paradoxale :

• une communication qui affirme la volonté de renforcer la réussite de tous les élèves et étudiants accompagnée par la mise en œuvre de procédures sélectives à l’Université ;
• l’individualisation des parcours des lycéens, ce qui, inéluctablement, profitera aux élèves les mieux préparés et les mieux informés, associée à un discours sur l’égalité républicaine.

Quelle honte de prendre comme prétexte le « tirage au sort inacceptable » du mois de juin 2017 pour justifier de la sélection nécessaire à l’entrée de l’Université. Cet afflux d’étudiants était prévu depuis plus de quinze ans ! Cette crise connue depuis 15 ans est-elle prétexte à un basculement du système ? Ce procédé est inadmissible ! Il était possible de se préparer à cet afflux en créant les places d’accueil nécessaires sans pour autant potentiellement instaurer la sélection à l’entrée de toutes les formations universitaires.
Il en va du même procédé pour l’autonomie des établissements. Alors que le message renvoyé aux citoyens et aux personnels est celui d’une autonomie dont le but serait uniquement de rendre plus efficace les établissements, la mise en synergie des personnels au sein de chacun d’entre eux, au profit de la réussite des élèves, il s’agit ici également de tout autre chose. L’autonomie désirée constitue un pas de plus pour la désagrégation de l’Éducation Nationale, vers une régionalisation plus importante, vers des parcours plus différenciés en fonction des contextes, notamment économiques, locaux, vers un recrutement local des personnels.
Ici, c’est la crise du recrutement qui est prise comme prétexte pour provoquer de profondes transformations des modes de recrutement des enseignants, voire une remise en cause du statut de fonctionnaire par le renforcement des recrutements par voie de contrats. L’amélioration des conditions de travail et de rémunération dans le cadre de la fonction publique d’État est-elle à l’ordre du jour pour permettre des candidats plus nombreux aux concours de recrutement ? Non. La solution viendrait d’une modification du mode de recrutement, du renforcement du pouvoir de recrutement des personnels de direction, du renforcement du contrat au détriment du statut.
Les conséquences pour les personnels de directions seront importantes. Nos fonctions, nos conditions de travail, nos rapports aux personnels en seront profondément transformés. Pour un grand nombre d’entre nous qui avons choisi ce métier pour exercer nos responsabilités dans le cadre de la Fonction Publique et de ses valeurs, les orientations éducatives de l’actuel ministère ne nous conviennent pas tant sur la forme que sur le fond.

Nous pourrions poursuivre cette même analyse pour les rythmes scolaires du premier degré. Si nous élargissons aux politiques sociales actuellement engagées, nous serions sur la même analyse : discours et politique sur l’immigration antinomiques, évolutions envisagée des régimes de retraites, du système de santé…

Le snU.pden-FSU n’accepte pas ces choix. Nous n’acceptons pas ces discours fallacieux qui n’expriment pas la réalité du projet politique, qui trompent les citoyens. Nous sommes en opposition avec la plupart des choix éducatifs opérés par ce Gouvernement. Que le Gouvernement et le Ministre Blanquer aient au moins le courage d’affirmer les véritables finalités politiques et sociales de ce qu’ils engagent. Les contradictions entre le discours politique et l’acte gouvernemental doivent cesser.

Le snU.pden-FSU adresse à tous les personnels de direction ses vœux les plus sincères. Souhaitons que cette sincérité se retrouve également dans la communication ministérielle. Que cette année nous permette, par notre engagement professionnel et syndical, de faire évoluer notre école vers une école plus émancipatrice, plus fraternelle, plus démocratique.

Paris, le 25 janvier 2018
Le bureau national

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