>> Accueil / Dossiers / Vie des établissements / Gouvernance des EPLE : (...)

Gouvernance des EPLE : quelles orientations ?

mardi 5 janvier 2010, par Garncarzyk

Analyse des orientations dégagées lors du colloque sur la gouvernance des EPLE.

Un colloque officiel s’est tenu le 15 octobre à la Sorbonne sur la gouvernance des EPLE : quelles orientations se sont dégagées ?

Le gouvernement veut instaurer un véritable libéralisme éducatif, sous couvert de « gouvernance ». Ce vocabulaire caractérise la manière de concevoir et d’exercer l’autorité à la tête d’une entreprise, d’un État, en tenant compte du degré d’organisation et d’efficience... Concernant les établissements, l’expression « performance » prédomine. Les EPLE seront évalués. Évaluation possible en raison de l’existence d’une marge d’autonomie (au niveau de la pédagogie, de l’enseignement afin de qualifier la qualité de l’enseignement dispensé) et donc d’un contrat d’objectifs. L’évaluation sera rendue publique. L’affichage des performances de chaque EPLE va de pair avec la suppression de la carte scolaire. La mise en concurrence se fera à tous les niveaux : élèves, personnels, familles, établissements, secteurs... Les programmes nationaux seront maintenus mais les horaires seront définis par fourchette avec globalisation de la DHG et chaque conseil pédagogique devra faire des choix. Il n’y aura pas de nouveau statut des enseignants mais l’article 34 du décret, concernant l’expérimentation, permettra d’y déroger. Les postes à compétences particulières seront développés, transformant la mutation des enseignants. Leur double notation (pédagogique et administrative) sera modifiée par une seule note. Les EPLE pourront regrouper plusieurs établissements du secondaire ou englober des écoles élémentaires
pour une meilleure mise en place du socle...

En quoi le pouvoir des chefs d’établissement sera-t-il renforcé ?

Tout ce que le ministère ne peut pas faire au niveau national se fera insidieusement au niveau de l’EPLE. Au nom de l’autonomie et de la performance des élèves, les pouvoirs et les responsabilités des personnels de direction seront considérablement accrus. Ils devront impulser une certaine politique dans leur établissement pour une performance immédiate (résultats aux examens uniquement). Ce système créera forcément des tensions en tous genres, la notion
d’équipe éducative risque de voler en éclat. Certains penseront que l’autonomie est source de liberté éducative. C’est un leurre dont les élèves les plus en difficultés et leurs enseignants feront les frais (ghettoïsation des établissements, culpabilisation des équipes enseignantes quand les résultats obtenus ne correspondront pas à ceux attendus et sanctions financières à la clé par le biais des primes au mérite...).

Quelles répercussions sur l’évaluation des enseignants ?

Selon M. Chudeau, directeur de l’encadrement du ministère de l’Éducation nationale, la double notation ne conviendrait à personne et serait décriée par tous. Cette double notation avec une note donnée par un IA-IPR au cours d’une des rares inspections durant la carrière et une note administrative annuelle donnée
par le chef d’établissement (maximum 0,5 point par an puis 0,1 point en fonction de l’échelon) n’aurait plus de justification. Les enseignants bénéficieront donc d’une seule note. Le SNPDENUNSA, syndicat majoritaire des chefs d’établissements, revendique le rôle d’évaluateur pédagogique des enseignants. Pour le SNUPDEN-FSU, le rôle pédagogique des personnels de direction est indéniable mais nous ne souhaitons pas prendre la responsabilité d’une évaluation didactique des enseignants. Le regard croisé avec un IA-IPR est indispensable, du point de vue de la discipline mais également dans le cadre d’une évaluation impartiale et contradictoire.

Avec la mise en place de la gouvernance, qu’en sera-t-il de la part des évaluations des établissements dans l’évaluation individuelle des enseignants ?

Supposons qu’un contrat d’objectif définisse des résultats qui ne seraient pas atteints (résultats aux examens inférieurs une année à ce qui était prévu et attendu pour X raisons) :
comment sera caractérisée l’efficience globale de l’équipe enseignante
et quel sera son impact sur la notation individuelle ?...

S’agit-il de s’aligner sur un modèle européen ?

En Europe, il n’y a plus que la France avec la Grèce et la Bulgarie où les établissements ne sont pas évalués. Mais qu’est-ce qui est évalué ? La performance des élèves, celle des enseignants, l’établissement ou sa direction ? Actuellement en Europe, les pays les plus décentralisés reviennent en arrière au niveau de l’autonomie pédagogique et de la définition des programmes par les établissements.
Notre système éducatif a des spécificités propres qu’il convient de ne pas supprimer. Ce qui se joue avec la mise en place de la gouvernance c’est la conception qu’a notre société de ce que doit être l’Éducation pour les élèves de notre pays.

E. MANSECAL

Contact

snU.pden-FSU
Bourse du Travail
Place de la Libération
93016 Bobigny Cedex
Tél. : 06 36 95 35 94
snupden@fsu.fr

Rechercher


Communiqués FSU
- Le décret GIPA 2017 enfin paru
Le décret instaurant la prime annuelle de garantie (...)
- 20 novembre, journée internationale des (...)
Le lundi 20 novembre, se déroulera la Journée Internationale
- Après le rendez-vous salarial manqué dans (...)
Après le rendez-vous salarial manqué dans la Fonction (...)
Derniers articles parus
- PARCOURS SUP : La mission des conseils (...)
La génération du « baby boom de l’an 2000 » va passer son (...)
- PPCR : le reclassement au 1er septembre (...)
Durée dans chaque échelon Classe Normale : la durée du (...)
- La FSU s’associe à la journée d’action du (...)
Soucieuse de défendre les intérêts des salarié.e s du (...)
- Réforme du bac et de l’affectation post-bac :
Deux projets de réforme sont lancés : baccalauréat et (...)