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La formation professionnelle, un nouveau défi pour le gouvernement !

dimanche 4 février 2018

Quel avenir pour l’enseignement professionnel public ? Pour le SNUPDEN-FSU, la vigilance s’impose !

La réforme de la formation professionnelle est un nouveau défi pour le gouvernement qui ouvre ce « chantier » dont on ne connaît pas les contours à ce jour, si ce n’est que lors de la première réunion le 21 décembre de vives tensions ont rapidement surgi. Les responsables des Régions de France claquent la porte de la table de négociations où se trouvent les représentants de l’État et ceux des branches professionnelles, le patronat.

En effet ce 21 décembre les Régions entendent s’imposer au travers de leur nouveau Président Hervé Morin qui déclare : « C’est inacceptable ! La politique gouvernementale sur l’apprentissage est désastreuse ». Avec son Président délégué François Bonneau au nom de l’ARF (Association des Régions de France), ils craignent la séparation entre un apprentissage donné au patronat et les formations des Lycées Professionnels, alors que la fusion serait nécessaire selon eux. Ils réclament une prise en main totale de la formation professionnelle par les régions dans le cadre « d’un continuum régional » entre l’économie, la formation professionnelle et l’apprentissage. Ce n’est pas du goût de l’État, ni des branches professionnelles, la rupture est consommée le temps de la trêve des confiseurs. Nouvelle rencontre le 12 janvier dont on ne connaît pas encore précisément les détails, mais qui a pu se dérouler tandis qu’un nouveau coup de théâtre intervient, le MEDEF annule la nouvelle séance de négociations prévue le vendredi 19 janvier !!!

Qu’en est-il exactement ?

Les Régions veulent tout maîtriser dans le cadre des prérogatives qui leur sont déjà dévolues aux travers des différentes lois de décentralisation depuis 1983 tandis que les branches professionnelles (MEDEF) veulent prendre la main et avoir une vision sur la formation professionnelle tous âges confondus (formation tout au long de la vie), alors que l’État ne veut pas lâcher prise non plus dans ce domaine.

Que ressortira t-il de ce bras de fer et pour quels objectifs ?

Depuis 1974 où la France comptait 400 000 chômeurs, ce qui amenait les « politiques » à pousser des cris d’orfraie, les gouvernements successifs ont brandi la formation professionnelle comme un des leviers essentiel pour endiguer la hausse du chômage et retourner vers le plein emploi. Aujourd’hui, plus modestement, on affiche l’objectif de stabiliser ou de réduire sensiblement le chômage.

Depuis plus de 40 ans, on s’aperçoit que rien n’y fait, quelles que soient les promesses et les mesures prises par tous les gouvernants : le chômage a explosé pour atteindre plus 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues ; le travail s’émiette, la précarité s’installe durablement et bien sûr, ce sont toujours les couches sociales les moins favorisées qui pâtissent de cette situation alors que le pays n’a jamais été aussi riche ! Vive la mondialisation et la course aux profits à court terme !

Dans ce concert, le snU.pden-FSU entend mettre son grain de sel, en ne laissant pas filer des négociations qui laissent sur la touche une dimensions essentielle de la formation professionnelle au travers de l’Enseignement Professionnel Public assuré par les Lycées Professionnels au sein de l’Éducation Nationale.

Le territoire français est maillé dans chacun de ses départements de Lycées Professionnels, dans la plupart des cas équipés de plateaux techniques de qualité avec des équipes pédagogiques et des personnels compétents, dévoués, permettant aux jeunes de retrouver un second souffle au cœur d’une scolarité souvent chaotique au collège et parfois même depuis l’école primaire.

Le Lycée Professionnel public assure une formation de qualité, c’est une « école de la nouvelle chance », sans doute pas de la dernière, mais en tout cas l’école qui offre aux jeunes un espoir de se ressourcer et d’être qualifié et certifié professionnellement avec la détention d’un diplôme national.

Dans ce projet de réforme de la formation professionnelle le snU.pden-FSU entend bien défendre le Service Public d’Éducation Nationale de l’Enseignement Professionnel pour sauvegarder ce qui est une exception en Europe.

Dans nos LP, on forme des professionnels, mais on enseigne et on éduque aussi de futurs citoyens responsables, capables de penser et de se forger leur propre opinion, forts de leurs bagages culturels et professionnels.
Si la formation professionnelle venait à intégrer, voir même « digérer » les LP dans un corpus global pour les transformer en centres de formations d’apprentis (CFA) de branches professionnelles privées ou totalement sous tutelle régionale, comme le réclame le Président des Régions de France : « tant que l’orientation sera entre les mains des professeurs qui expliquent que l’apprentissage c’est fait pour les médiocres, ça ne marchera pas », nous nous opposerions à cette réforme. Il ne s’agit pas de s’opposer à l’apprentissage de manière dogmatique : nous savons que cela peut aider des jeunes, mais la formation en
LP public peut également offrir cette alternative en diversifiant ses offres d’instruction et de formation dans le cadre du service public. Plusieurs académies n’ont-elles pas ouvert un CFA public qui connaît un essor grandissant tout en conservant les apprentis sous statut scolaire ?

En LP public les jeunes trouvent une globalité de formation, d’instruction, d’éducation et d’épanouissement qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs. Les CFA de branches ou d’autres les structures de formations actives ne poursuivent qu’un seul et unique but : celui de répondre aux besoins des métiers en tension dans des zones géographiques précises pour produire de la main d’œuvre, opérationnelle à court terme, certes qualifiée, mais exclusivement spécialisée sur des gestes professionnelles. Le snU.pden-FSU ne laissera pas passer une telle réforme sans réagir vigoureusement ! Cela sonnerait la fin du service public national de l’enseignement professionnel. Il n’en est pas question !

Cela dit, le snU.pden-FSU est ouvert à la discussion et demande à participer à la réflexion engagée pour faire évoluer le fonctionnement des LP, mais avec comme préalable impératif de rester sous tutelle de l’Éducation Nationale, donc de l’État avec la préservation des statuts des personnels.
Les Régions ont délégations pour assurer le fonctionnement, la construction, les investissements dans les lycées et les lycées professionnelles également, mais cela ne peut en aucun cas leur donner autorité pour avoir la main mise globale sur la formation, les programmes, l’orientation et le choix des ouvertures et/ou fermetures formations selon le snU.pden-FSU.
Il s’agit là d’une question de liberté et d’égalité pour les familles, pour les élèves et tous les personnels qui consacrent leur énergie à former des citoyens tout autant que des lycéens professionnels futurs techniciens qualifiés.

Enfin, le 30 janvier, tombe le rapport « Brunet », ex DRH et Présidente de la commission « travail et emploi » du CESE (Comité Économique, Social et Environnemental) qui pourrait inspirer les réformes gouvernementales. Ces propositions pourraient avoir d’importantes conséquences sur la vie des LP publics (enseignement de transition vers l’activité professionnelle, facilitation de l’accès des mineurs au travail, possibilité de faire plus de 35h hebdomadaires, travail de nuit, remise au cause du versement de la taxe d’apprentissage …) et même influencer la scolarité dès les années de 4ème et 3ème au collège (journée des métiers, promotion de l’apprentissage via les CFA de branches…) De quoi alimenter davantage encore nos légitimes inquiétudes !

Par conséquent, le snU.pden-FSU demande à être associé aux négociations qui débutent sur la formation professionnelle au même titre que toutes les organisations syndicales concernées. Il n’est pas imaginable de voir la place et le rôle des LP remis en cause dans le cadre de cette réforme de la formation professionnelle sans pourvoir s’exprimer. Il s’agit là d’un élémentaire principe démocratique et d’une exigence impérative qu’exprime le snU.pden-FSU pour la sauvegarde de la formation des jeunes au sein du service public d’Éducation Nationale !

Paris, le 4 février 2018
Le bureau national

Contact

snU.pden-FSU
Bourse du Travail
Place de la Libération
93016 Bobigny Cedex
Tél. : 06 36 95 35 94
snupden@fsu.fr

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