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Remaniement du DNB 2018 : pas seulement dans l’optique du lire-écrire-compter

vendredi 26 janvier 2018, par S.LAUTRU

Le 4 janvier dernier, le Ministère a publié les nouvelles modalités d’attribution du Diplôme national du Brevet. Pour ceux et celles qui ne l’auraient pas compris, les modifications apportées scellent définitivement la mort de la Réforme du collège. Au moment où la commission Mathiot dépose ses propositions pour la réforme du baccalauréat, la réorganisation choisie pour le DNB pose de nombreuses questions.

L’infographie publiée sur le site internet du Ministère de l’Éducation nationale présente le brevet comme « rééquilibré ». En effet, les « 5 épreuves qui ont lieu à la fin du mois de juin comptent autant que l’évaluation des acquis des élèves prévue par le socle ». A partir de la session 2018, le décompte des points se fait donc sur la base de 800 points, 400 pour l’évaluation du socle, 400 pour les épreuves finales. Le texte du Ministère précise également que le brevet sera « clarifié ». Le bulletin officiel du 4 janvier 2018 nous renseigne sur les clarifications dont il est question : en effet, l’interdisciplinarité, expérimentée lors de la session 2017, disparait totalement. En 2018, on revient donc à un schéma classique, dans lequel chaque discipline est évaluée pour elle-même. En Français, on assiste même à un retour des questions de grammaire, avec une partition « grammaire-compétences linguistiques » / « compréhension-compétences d’interprétation ». Pour l’exercice de réécriture, les élèves seront évalués sur les formes à modifier, mais aussi sur les erreurs de copie, qui feront l’objet d’un « barème spécifique ».
En sciences, la notion de « thématique » commune disparait du texte du bulletin officiel. Chaque discipline est renvoyée à son propre programme. Il en va de même pour l’épreuve d’Histoire-Géographie, avec une précision en gras sur les repères annuels de programmation pour la classe de troisième.

Un remaniement du DNB symptomatique d’une conception élitiste de l’école

Au moment où le Ministère souhaite changer la nature du Baccalauréat, avec un nombre restreint d’épreuves, les collégiens vont donc se trouver avec un nombre d’épreuves finales plus importantes à passer que les futurs bacheliers, le tout couplé à la validation du cycle 4 par les équipes pédagogiques. Faut-il dans ce cas parler de clarification et le rééquilibrage ? Quel sens cette épreuve aura-t-elle aux yeux des élèves, des familles et des enseignants eux-mêmes ?
En outre, l’abandon des thématiques communes aux disciplines scelle la mort des enseignements pratiques interdisciplinaires et ce qui fondait la Réforme du collège. On ne va pas revenir sur les difficultés que cette Réforme portait en elle, mais celle-ci permettait réellement d’évoquer des questions pédagogiques avec les enseignants. Avec le texte du 4 janvier dernier, chacun est renvoyé à sa discipline alors que nous savons que nous vivons dans un monde où circule la connaissance, qu’il faut faire preuve d’adaptation et que l’on attend de nos futurs élèves la capacité à partager l’information et le savoir.
Le retour officiel de l’évaluation de l’Histoire des arts risque également de poser un problème réel d’évaluation. Dans quelle mesure pourra-t-on parler de projet de l’élève quand bien souvent cet enseignement relève de la pratique des enseignants eux-mêmes ? Enfin, à l’heure où nous écrivons ces lignes, les dates des épreuves ne sont toujours pas publiées, pas plus que celles du baccalauréat, d’ailleurs… D’ordinaire, cette communication est faite au bulletin officiel du mois de décembre et elle permet aux chefs d’établissement d’organiser les plannings de fin d’année scolaire.
Finalement, la publication des textes actuels par le Ministère de l’Éducation évoque un compartimentage des différents niveaux, une segmentation des filières d’enseignement, bref, une fragmentation du système, bien loin d’évoquer une vision humaniste et émancipatrice de l’école.

Paris, le 25 janvier 2018
Le bureau national

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