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TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE MOUVEMENT 2017 (et que vous n’avez pas su même en demandant)

samedi 26 août 2017

Les opérations pour les mutations 2018 débuteront très prochainement.

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Début avril, nous écrivions un article intitulé « L’insoutenable opacité du mouvement 2017 » qui suscita de nombreuses réactions de votre part. Afin d’aller au-delà des observations générales, nous nous sommes retroussé les manches et, mi-juillet, nous avons accompli un lourd et fastidieux travail d’analyse à partir du fichier des personnels qui avaient sollicité une mutation. Notre objectif était de décortiquer ce mouvement, d’en comprendre les règles, les invariants, de trouver une logique – ou un début de logique – à cette valse à trois temps qui n’a rien d’envoûtant. Honnêtement, nous ne nous attendions pas à trouver autant d’incohérences, pour ne pas dire d’injustices.

58 personnes originaires de notre académie ont muté, tous mouvements confondus (dont 11 personnes qui obtiennent un poste en dehors de notre académie). 17 collègues entrent dans notre académie.

Notre analyse ne portera que sur les collègues qui sont originaires de notre académie et qui y restent car nous ne disposons pas d’informations sur les entrants qui nous permettraient de comparer leur situation avec celle des autres collègues de l’académie (pour les sortants, nous n’avons pas en main la situation des collègues des autres académies concernées).

Et nous nous concentrerons ici sur les 41 mutations sur des postes de chefs, car le mouvement sur des postes d’adjoint a été trop réduit, cette année, pour que nous puissions élaborer une étude réellement pertinente.

Eh bien, sachez qu’après une analyse attentive et rigoureuse, nous relevons 10 situations – oui, 10 ! - qui nous laissent perplexes – et c’est un euphémisme.

Près de 25% du mouvement sombre dans des abîmes obscurs et troubles !

La méthode employée a permis de comparer les demandes de mutation à évaluation égale, puisqu’on nous explique souvent que c’est le nombre d’items « excellent », « très bien » et « bien » qui est le premier critère discriminant.

Nonobstant le caractère discutable de ces évaluations – rappelons que nous ne sommes « évalué.e.s » que tous les 3 ans, que ni les résultats obtenus ni l’ancienneté ne semblent primer et que certains départements se montrent bien plus généreux que d’autres – nous avons tenu ce critère comme effectivement supérieur.

Un aparté, tout de même : comme on se dit tout, sachez que certains collègues ayant 3 ans d’ancienneté et exerçant des fonctions d’adjoint.e débutent avec 4 « très bien » et que d’autres, ayant 8 années de pratique, ont déjà 2 « excellent », en occupant des postes de direction de collèges de catégorie 2.

Il faut se le dire, car nous sommes alors en concurrence très rude sur les opérations de mutation. Les collègues en question ne sont en aucun cas « coupables » de leur bonne évaluation, bien évidemment. D’autant que personne – enfin presque - ne connait l’évaluation des autres. Donc, nous restons dans la brume quant à notre non mutation – et parfois quant à notre mutation. Ce secret bien gardé facilite grandement des affirmations telles que : « tout se fait dans la transparence et dans l’équité »…
Sans vous détailler toute notre analyse, sachez qu’après plusieurs jours de travail, une conclusion s’impose :

II nous est impossible de vous expliquer quel(s) critère(s) domine(nt).

Eh oui. Parmi nos 10 situations étonnantes, voici ce qui interpelle :
5 situations révèlent que des collègues qui avaient demandé le même poste bénéficiaient d’une évaluation supérieure à celle de la personne mutée. Détaillons un peu ces 5 situations :
-  Situation n°1 : deux autres collègues ont une évaluation supérieure à la personne qui obtient le poste. L’un d’eux a même une ancienneté supérieure et dirige un établissement de catégorie supérieure. Pour l’autre, l’ancienneté est supérieure mais pas la catégorie. Les 3 collègues occupent la même fonction de principal et sont tous les 3 en première classe. Ici, l’évaluation ne serait pas prioritaire ? Pourquoi ?
-  Situation n° 2 : Le collègue qui n’obtient pas le poste brigué a non seulement une évaluation supérieure mais un grade et une ancienneté plus importants, à catégorie et fonction égales. Et le collègue qui mute avait la lettre « M » après seulement 2 années d’ancienneté dans son poste. Pourquoi ?
-  Situation n°3 : deux collègues sont en concurrence sur un même poste, le premier qui l’obtient a une évaluation inférieure et dirige un établissement de catégorie inférieure. Il a un peu plus d’ancienneté mais les grades et les fonctions sont identiques. Ici, l’ancienneté serait déterminante. Pourquoi ?
-  Situation n°4 : deux collègues ont une évaluation supérieure à la personne mutée, les catégories d’établissement sont identiques. Mais la fonction du collègue muté est proviseur alors les autres sont principaux. Ici, la fonction prime. Pourquoi ?
-  Situation n°5 : une évaluation très supérieure pour le collègue qui n’obtient pas le poste, une ancienneté supérieure, les grades et fonctions sont identiques, la personne mutée a « juste » une catégorie supérieure. Ici, c’est la catégorie qui prévaut sur tout le reste. Pourquoi ?

Étrange, non ?

A évaluation égale, que pouvons-nous conclure des 5 autres situations ?
-  Une situation est particulièrement étonnante : le collègue qui demande le poste – et qui a la même évaluation que la personne mutée – est, en plus, dans une situation supérieure sur deux autres critères – l’ancienneté et le grade – la fonction et la catégorie étant identiques. Pourquoi ?
-  Et qu’en est-il des 4 dernières situations ?
Eh bien, à évaluation égale, pour deux d’entre elles, c’est la catégorie qui l’emporte sur l’ancienneté, toutes choses égales par ailleurs. Pour une autre, c’est l’ancienneté. Et pour la dernière, nous ne voyons pas quel critère l’emporte : l’évaluation étant la même, le collègue non muté est égal ou supérieur sur tous les autres critères. Pourquoi ?

Comment s’y retrouver et surtout comment se projeter ? Et pourquoi maintenir une telle opacité ? A qui ou à quoi cela profite-t-il ?

Le snUpden-FSU sollicitera une audience auprès du Recteur courant septembre 2017 afin d’évoquer ces situations. Il est essentiel que nous puissions vous apporter des explications fiables ; peut-être que n’avons-nous pas en main toutes les cartes...

Focus sur le hors académie :
Tous mouvements confondus (chefs, adjoints, 1er, 2ème et 3ème mouvement), les demandes hors académie ont été nombreuses cette année : 30.
11 ont été satisfaites dont 4 pour rapprochement de conjoint. Dans le même temps, l’académie de Caen – une petite académie par rapport à d’autres - a fait entrer 17 personnels de direction. Donc, un différentiel de 6 qui verrouille un peu plus un mouvement déjà étriqué.
L’analyse par sexe :
-  28 femmes ont muté dont 13 adjointes. 8 demeurent adjointes, 15 arrivent comme principales et 5 comme proviseures (dont 4 sur des catégories supérieures ou égales à 3).
-  30 hommes ont muté dont 10 adjoints. 6 restent adjoints (1 le devient), 16 deviennent principaux et 8 proviseurs (dont 6 sur des catégories supérieures ou égales à 3).
Les postes les plus « côtés » sont donc plus souvent masculins, même si avec des chiffres si petits, il est délicat de tirer de réelles conclusions.

L’analyse par département d’origine :
Sur les 41 mutations de chefs issus de l’académie et mutant dans l’académie, 19 viennent de la Manche, 16 du Calvados et 6 de l’Orne. Est-ce une particularité 2017 ? Évidemment, il faut ramener ces chiffres au nombre d’établissements présents dans les 3 départements, ce qui donne les pourcentages suivants :
26% des collègues chefs exerçant dans la Manche ont muté, 19% pour le Calvados et... 10% dans l’Orne.
Nos collègues de la Manche semblent avoir particulièrement bénéficié du mouvement de cette année, ceux de l’Orne étant les moins bien lotis.

Le nombre de vœux :
Attention. Il semble que, dans certaines situations, on accorde au candidat à mutation des postes de catégories inférieures et moins bien placés dans l’ordre de ses vœux, simplement pour qu’un autre, qui formule moins de vœux et qui est moins bien « côté », libère son poste. La politique de la chaîne la plus longue ? Cette hypothèse ne se vérifie toutefois pas dans toutes les situations, loin s’en faut...

Nos demandes concernant le mouvement :

Cette analyse précise du mouvement 2017 illustre ce que chacun d’entre nous sait peu ou prou. Le discours de nos cadres doit évidemment évoluer. S’il n’y a effectivement pas de règle, que cela soit assumé pleinement. Car nous dire que des règles (lesquelles ?) seront effectivement respectées et constater d’année en année que ce n’est pas le cas, tout cela entretient dans la profession un profond sentiment d’injustice.
Ou alors, le Ministère décide de mettre en place un groupe de travail et définit au plus vite des règles pour le mouvement des personnels de direction. Cela constitue une des propositions du snUpden-FSU.

Le rôle des syndicats :

N’oubliez pas que la pluralité syndicale permet de croiser les regards et que nous sommes à votre écoute si vous souhaitez échanger sur ce sujet, que vous soyez syndiqué.e au snUpden-FSU ou ailleurs ou non syndiqué.e. Nos commissaires paritaires académiques sont là pour répondre à vos questions.

Le bureau académique,
Caen, le 23 août 2017

Contact

snU.pden-FSU
Bourse du Travail
Place de la Libération
93016 Bobigny Cedex
Tél. : 06 36 95 35 94
snupden@fsu.fr

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